Brevo : le CRM que nous installons chez nos clients et pourquoi il vous appartient
Un conseiller immobilier m’a posĂ© deux questions en rendez-vous : « Est-ce que je peux rĂ©cupĂ©rer ma base de contacts si on se sĂ©pare ? » et « Ă quoi sert vraiment ce CRM ? » Voici les rĂ©ponses, en dĂ©tail.
Brevo, c’est quoi exactement
Le CRM que nous installons chez nos clients s’appelle Brevo. C’est un outil français, nĂ© comme une plateforme d’envoi de newsletters et de tunnels de messages, qui a intĂ©grĂ© au fil des annĂ©es des fonctions de gestion de contacts. Son cĆur de mĂ©tier reste l’emailing : c’est prĂ©cisĂ©ment ce qu’on lui demande.
Il est gratuit dans la version que nous utilisons. Cette version permet d’envoyer jusqu’Ă 300 destinataires par jour. Si votre base atteint 600 contacts, on dĂ©coupe l’envoi en deux fois : la newsletter part sur deux jours, et personne ne voit la diffĂ©rence. Jusqu’ici, aucun de nos conseillers n’a eu besoin de passer Ă une formule payante.
Premier point, et c’est le plus important : cet outil vous appartient
Le compte Brevo est créé Ă partir d’une adresse email rattachĂ©e Ă votre nom de domaine, celle que nous avons configurĂ©e en mĂȘme temps que votre site. Cette adresse est hĂ©bergĂ©e sur votre hĂ©bergement, auquel vous avez accĂšs.
Ce dĂ©tail change tout. Le site vous appartient parce que vous ĂȘtes propriĂ©taire du domaine et de l’hĂ©bergement. Le CRM vous appartient parce qu’il est rattachĂ© Ă un email dont vous ĂȘtes propriĂ©taire. Vous pouvez rĂ©cupĂ©rer vos identifiants Brevo vous-mĂȘme en vous connectant Ă votre messagerie â et si vous prĂ©fĂ©rez me les demander, je vous les transmets.
C’est comme si vous m’aviez confiĂ© votre marketing en gestion locative. Vous ĂȘtes propriĂ©taire des murs et du fonds de commerce. Vous m’avez prĂȘtĂ© les clĂ©s pour que je fasse la dĂ©co et que je fasse tourner la boutique.
Le jour oĂč vous voulez reprendre la main, vous redemandez les clĂ©s et je vous les rends. Et si vous n’avez envie de rien demander Ă personne, vous les rĂ©cupĂ©rez par vous-mĂȘme.
ConcrĂštement : si dans quatre ans vous arrĂȘtez votre abonnement et que vous ne donnez plus de nouvelles, vous restez entiĂšrement propriĂ©taire de vos outils et de votre base de contacts. Et sans attendre cette Ă©chĂ©ance, vous avez accĂšs Ă tout, tout le temps.
Ce que contient votre base de contacts
Un CRM sert d’abord Ă stocker des contacts avec ce qu’on appelle des attributs : nom, prĂ©nom, tĂ©lĂ©phone, email, et surtout la typologie de la relation.
- Vendeur â un mandat rentrĂ©, une vente signĂ©e
- AcquĂ©reur â un acheteur accompagnĂ© jusqu’Ă l’acte
- Estimation â un avis de valeur rĂ©alisĂ©, converti ou non
- Visite â une visite organisĂ©e, convertie ou non
- Professionnel â notaire, artisan, diagnostiqueur, courtier, commerçant du secteur
- Apporteur d’affaires â votre rĂ©seau de recommandation
Ă cela s’ajoutent deux informations que nous renseignons systĂ©matiquement : la case de consentement, horodatĂ©e pour correspondre Ă la lĂ©gislation, et la date du dernier contact commercial. C’est ce qui permet de prouver, en cas de contrĂŽle, que votre prospection est propre.
Newsletter ou message ponctuel : oĂč passe la frontiĂšre
Tous vos contacts ne reçoivent pas la mĂȘme chose, et ce n’est pas une question de tri commercial : c’est le RGPD qui trace la ligne.
La newsletter mensuelle
- Les professionnels
- Les apporteurs d’affaires
- Les clients : il y a eu une transaction entre vous dans les trois derniÚres années
Les envois ponctuels
- Les estimations non converties
- Les visites non converties
- Un contenu à valeur ajoutée, pas une relance commerciale
Pour la seconde colonne, le principe est simple : on envoie quelque chose d’utile, une ou deux fois par an. Un livre blanc sur l’Ă©volution des prix du secteur, un rĂ©capitulatif annuel des ventes rĂ©elles issues des DVF. Les destinataires qui le souhaitent s’inscrivent alors Ă la newsletter d’eux-mĂȘmes, ou prennent rendez-vous avec vous. Ils entrent dans la premiĂšre colonne par leur propre dĂ©cision.
Chaque email contient un lien de dĂ©sabonnement, et chaque action est horodatĂ©e. Depuis le 11 aoĂ»t 2026, le dĂ©marchage tĂ©lĂ©phonique des particuliers est passĂ© au consentement prĂ©alable : c’est la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, complĂ©tĂ©e par le dĂ©cret n° 2026-662 du 23 juillet 2026, qui remplace Bloctel. C’est Ă vous de prouver le consentement et de le conserver. Une base de contacts tenue proprement devient, dans ce contexte, votre principal canal de contact direct.
Les formulaires de votre site alimentent la base tout seuls
Le CRM sert aussi Ă crĂ©er les formulaires que nous intĂ©grons sur votre site. Chaque page de conversion en utilise un : « DĂ©couvrez le programme apporteur d’affaires », « Demander une estimation », « Rejoindre mon Ă©quipe ».
Quand quelqu’un remplit l’un de ces formulaires, trois choses se produisent au mĂȘme moment :
- le contact est enregistré dans une liste dédiée du CRM, avec son consentement horodaté
- vous recevez ses coordonnées par email
- la personne reçoit un récapitulatif de sa demande, avec un lien pour prendre rendez-vous avec vous
RĂ©sultat : vous n’avez rien Ă recopier, et le prospect n’attend pas votre rappel pour avoir un premier signe de vie.
Comment on alimente la base sans que vous ayez Ă entrer dans le CRM
C’est le point qui rassure la plupart des conseillers : vous n’avez pas besoin de vous connecter Ă Brevo.
Nous vous fournissons un fichier collaboratif en ligne, un Google Sheet. Vous le remplissez au fil de l’eau depuis votre tĂ©lĂ©phone ou votre ordinateur, j’y ai accĂšs de mon cĂŽtĂ©. Chaque mois, avant l’envoi de la newsletter, j’importe ce fichier dans le CRM et votre base est Ă jour.
Ce qu’on vous demande d’y mettre
Vos vendeurs, vos acquĂ©reurs, vos estimations, vos visites et vos professionnels. Vos apporteurs d’affaires, en revanche, sont souvent exportables directement depuis l’intranet de votre rĂ©seau : dans ce cas, envoyez-nous l’export, c’est plus rapide que la saisie.
Chez iad, il n’existe pas aujourd’hui de fonction d’export de votre portefeuille client. Il faut donc en faire une copie manuelle. C’est long â je ne vais pas prĂ©tendre le contraire â mais c’est un travail qu’on ne fait qu’une fois, et qui vous donne enfin une vue d’ensemble sur vos vendeurs, vos acquĂ©reurs, vos estimations et vos visites au mĂȘme endroit.
Ce fichier une fois constituĂ©, vous pouvez l’injecter dans un outil d’analyse pour faire ressortir l’Ă©volution de votre activitĂ©, vos typologies dominantes ou vos pĂ©riodes creuses. Un tableau de contacts devient un outil de pilotage.
Par quoi commencer : l’ordre de prioritĂ© de saisie
Personne ne reconstitue douze ans de portefeuille en une soirée. On procÚde par ordre de valeur, du contact le plus solide juridiquement et commercialement au plus fragile.
- Les vendeursVos mandats et vos ventes, en commençant par l’annĂ©e en cours.
- Les acquĂ©reursSur les trois derniĂšres annĂ©es : c’est la fenĂȘtre confortable cĂŽtĂ© RGPD.
- Les professionnelsTous ceux avec qui vous ĂȘtes en relation. Ici, l’antĂ©rioritĂ© peut ĂȘtre plus large.
- Les apporteurs d’affairesSouvent rĂ©cupĂ©rables en un export depuis votre intranet rĂ©seau.
- Les estimations non convertiesDes prospects, pas des clients. Ils reçoivent des envois ponctuels.
- Les visites non convertiesMĂȘme logique, et gĂ©nĂ©ralement un volume plus faible.
Les quatre premiÚres catégories forment votre noyau. Les deux derniÚres sont un gisement, à traiter quand le noyau est en place.
Une astuce de méthode
J’ai constituĂ© mon propre fichier client de cette façon : je suis repartie de ma facturation. Chaque facture sortante correspondait Ă un email envoyĂ©, donc Ă un contact retrouvable. Ăa reste long, mais on ne part pas de la page blanche et on n’oublie personne.
Le pipeline commercial : une fonctionnalité, pas une obligation
Brevo comporte une rubrique de pipeline commercial. Vous pouvez y crĂ©er des opportunitĂ©s â un mandat de vente, un mandat de recherche â les faire Ă©voluer dans les Ă©tapes de votre tunnel, et vous crĂ©er des tĂąches. Cette partie demande, elle, de se connecter Ă l’outil.
Soyons honnĂȘtes : je n’ai pas de client qui pilote son portefeuille de prospects vendeurs ou acquĂ©reurs dans Brevo. Il existe des solutions pensĂ©es pour l’immobilier, plus adaptĂ©es Ă la gestion et Ă la synthĂšse des dossiers clients. La fonctionnalitĂ© existe, elle est incluse, elle peut dĂ©panner. Ce n’est simplement pas sur elle qu’on installe une organisation.
Sécurité et confidentialité
Brevo est un outil français : les bases de donnĂ©es sont hĂ©bergĂ©es et traitĂ©es selon le cadre europĂ©en. C’est l’une des raisons de ce choix, au-delĂ de la gratuitĂ©.
Le fichier collaboratif, lui, est partagĂ© entre vous et nous. Une seule rĂšgle : ne diffusez pas son lien. Pas Ă vos filleuls, pas Ă un membre d’Ă©quipe de passage, pas dans une conversation de groupe. Un lien de partage qui circule, c’est votre portefeuille relationnel qui circule. Si vous avez une Ă©quipe et qu’un accĂšs est nĂ©cessaire, on crĂ©e un accĂšs dĂ©diĂ© plutĂŽt qu’on ne fait suivre un lien.
Ce que ça change vraiment
Un fichier client Ă jour, ce n’est pas un tableau de plus. C’est une vue globale sur votre portefeuille relationnel, et cette vue libĂšre la crĂ©ativitĂ© commerciale.
Vous avez un trou dans la raquette et besoin de rentrer des mandats ? Vous ouvrez le fichier. Vous voyez qui sont vos professionnels, que vous pouvez rappeler et inviter Ă votre prochain afterwork. Vous voyez avec qui vous ĂȘtes en lien sur les rĂ©seaux sociaux, oĂč entretenir la relation â suivre, commenter, fĂ©liciter â n’a rien d’un appel commercial. Vous voyez Ă qui un email reste lĂ©gitime. Au lieu de dĂ©cider au ressenti, vous dĂ©cidez avec votre portefeuille sous les yeux.
L’un de mes clients, aujourd’hui dans le haut du classement national de son rĂ©seau en nombre de ventes, a bĂąti son activitĂ© sur un fichier de 600 contacts qu’il reprenait chaque trimestre. Cinq minutes dans le mĂ©tro, un appel. Une attente avant visite, un appel. Le canal a changĂ© avec la loi, le principe reste : une liste travaillĂ©e rĂ©guliĂšrement produit du mandat.
Douze ans d’activitĂ©, 400 contacts dans mon fichier. Quand le confinement est arrivĂ© et que j’ai fermĂ© mon bureau, je me suis dit que je n’y reviendrais peut-ĂȘtre jamais. J’y suis retournĂ©e deux heures de plus, j’ai envoyĂ© un emailing : « webinaire exceptionnel, qui est intĂ©ressĂ© ? »
J’ai signĂ© trois gros contrats et j’ai traversĂ© cette pĂ©riode. Parce que j’avais ce capital.
C’est exactement ce qu’on construit avec vous. Pas un outil de plus Ă apprendre : un capital que vous gardez, quoi qu’il arrive ensuite.
On regarde ensemble oĂč en est votre base ?
Trente minutes pour faire le point sur vos contacts, vos formulaires et ce qu’il est possible d’envoyer â lĂ©galement et utilement.
Prendre rendez-vousVous sur le terrain, moi Ă l’Ă©cran
