Depuis le 11 août 2026
La pige téléphonique est finie. Vos mandats, non.
Pendant des années, le réflexe était de repérer une annonce de particulier et de décrocher son téléphone. Ce canal est fermé. Reste une question, la seule qui compte : comment un vendeur de votre secteur vous trouve-t-il, maintenant ? Cinq raisons de répondre par votre site et votre présence Google.
Le cadre, en clair
Ce qui a changé le 11 août.
L’article 13 de la loi du 30 juin 2025 a réécrit l’article L. 223-1 du code de la consommation. Le principe s’inverse : on ne peut plus appeler sauf opposition, on ne peut appeler qu’avec un accord préalable.
- Appeler un particulier à des fins commerciales sans son consentement préalable est interdit. Bloctel a disparu.
- Le consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. Une case pré-cochée ne vaut rien.
- Il est valable douze mois au maximum, sans reconduction tacite, et peut être retiré à tout moment, y compris oralement pendant l’appel.
- La preuve vous incombe : date, heure et informations présentées doivent être conservées sous format numérique pendant trois ans.
- Publier une annonce entre particuliers ne vaut pas consentement : un vendeur qui affiche son numéro attend des acquéreurs, pas des propositions de mandat.
- Les clients sous contrat en cours restent joignables, sur un sujet lié à ce contrat.
Sources : loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques (article 13) et décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 relatif au consentement du consommateur à la prospection commerciale par téléphone.
Cinq raisons
Pourquoi votre site devient votre premier outil de prospection.
Ce n’est pas un canal à optimiser, c’est un canal à remplacer
On peut discuter des horaires d’appel, du nombre de relances ou de la qualité d’un fichier. On ne discute pas d’une interdiction. La pige à froid repose par construction sur un appel à quelqu’un qui n’a jamais donné son accord : aucune méthode ne rend cet appel conforme.
Chercher la faille coûte plus cher que de changer de canal. Le risque ne s’arrête pas à l’amende : un mandat obtenu à la suite d’un appel non consenti devient contestable, et c’est à vous de prouver le contraire.
La question n’est plus « comment continuer à appeler », mais « comment se faire appeler ».
Le vendeur, lui, n’a pas arrêté de chercher
Un propriétaire qui envisage de vendre commence rarement par appeler une agence. Il tape le nom de sa commune, il cherche le prix au mètre carré de son quartier, il regarde qui vend déjà dans sa rue. Ce moment-là existe toujours : c’est simplement le seul qui reste ouvert.
La différence, c’est que ce contact-là est initié par lui. Il vous appelle parce qu’il vous a trouvé, il n’a pas à consentir à quoi que ce soit, et il arrive avec un projet déjà mûr plutôt qu’avec la méfiance d’un appel non sollicité.
Un appel entrant vaut dix appels sortants, et il est le seul des deux à rester légal.
Un site vous appartient. Le reste, on vous le loue
Les leads de votre réseau se partagent et se redistribuent. Les portails vous vendent une visibilité qui s’arrête le jour où vous arrêtez de payer. Les réseaux sociaux changent d’algorithme sans vous prévenir.
Un site à votre nom, ses articles, ses pages de quartier et la base de contacts qu’il constitue sont des actifs qui restent les vôtres — y compris si vous changez de réseau demain. C’est la seule partie de votre prospection dont vous êtes propriétaire.
Vous ne construisez pas une vitrine. Vous construisez un fonds de commerce.
C’est en ligne que se recueille le consentement
C’est le point que presque personne n’a vu venir. La loi n’interdit pas d’appeler : elle exige un accord préalable, spécifique, horodaté et conservable trois ans. Or ce type d’accord, vous ne pouvez pas l’obtenir au téléphone — il faudrait appeler pour le demander.
Une demande d’estimation en ligne, un guide téléchargé, une inscription à votre newsletter : chacun de ces formulaires peut recueillir un consentement valable, à condition que la case dédiée à la prospection téléphonique soit explicite et jamais pré-cochée. Chaque formulaire correctement paramétré construit la seule liste que vous aurez le droit d’appeler.
Votre site n’est plus seulement un outil marketing. Il devient votre outil de conformité.
Ça se construit avant d’en avoir besoin
Une fiche Google bien tenue bouge en quelques semaines. Le référencement d’un blog, lui, demande plusieurs mois de publication régulière avant que les articles remontent durablement. C’est un travail de fond, pas un interrupteur.
Autrement dit : le moment où vous aurez besoin d’appels entrants n’est pas le moment de commencer. Ceux qui s’y mettent pendant que leur carnet est encore rempli récoltent quand les autres découvrent qu’il leur manque deux saisons de contenu.
Le meilleur moment pour commencer, c’est avant que ce soit urgent.
En pratique
Par où on commence, concrètement.
Trois chantiers, dans cet ordre. Le premier produit des résultats vite, le deuxième dure, le troisième vous remet le téléphone entre les mains.
Chantier 01
Votre fiche Google
C’est ce qui s’affiche quand quelqu’un cherche un conseiller sur votre commune. Complétée, alimentée et nourrie d’avis, elle génère des appels directs sans attendre que le reste soit prêt.
Chantier 02
Votre site et vos pages de secteur
Une page par quartier, par commune, par question que se pose un vendeur. C’est ce qui vous fait exister sur les recherches où personne ne vous connaît encore par votre nom.
Chantier 03
Vos formulaires et votre base
Estimation, guide à télécharger, newsletter : c’est là que se recueille un consentement valable, horodaté et conservé. Et c’est là que se reconstitue une liste que vous avez le droit d’appeler.
Vous sur le terrain, moi à l’écran.
Trente minutes en visio, offertes, pour regarder ce que Google affiche aujourd’hui à votre nom sur votre secteur — et ce qu’il manque pour que le téléphone sonne dans l’autre sens.
Cette page a une vocation d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour l’application de ces règles à votre situation, rapprochez-vous du service juridique de votre réseau ou d’un professionnel du droit. Textes de référence : loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 et décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026.
